mardi 15 novembre 2016

Germaine Dulac

Germaine Dulac

  1. 1923-La Souriante Madame Beudet
  2. 1927-L'invitation au voyage
  3. 1927-La Coquille et le Clergyman
  4. 1928-Disque 957
  5. 1928-Thèmes et variations
  6. 1929-Étude cinégraphique sur une arabesque
  7. 1930-Celles qui s'en font



Née à Amiens, Germaine Saisset-Schneider est issue d’une famille bourgeoise d’industriels et de militaires. Elle épouse en 1905 Albert Dulac, dont elle divorce en 1920 (tout en conservant son nom marital), et vit par la suite aux côtés de son amie et assistante Marie-Anne Malleville.
Germaine Dulac se passionne très tôt pour le journalisme et les mouvements féministes, collabore à la Fronde, journal féministe fondé par Marguerite Durand, puis, à partir de 1909, devient rédactrice à la Française. En 1915, elle se tourne vers le cinéma et réalise, grâce à l’argent de son mari, les Sœurs ennemies, mélodrame historique. Les films suivants (Geo le mystérieux, 1916 ; Venus Victrix, 1916 ; Dans l’ouragan de la vie, 1916) ne témoignent guère en faveur du talent de leur réalisatrice. En 1917, sur le tournage d’Âmes de fous, son cinquième film, elle fait la rencontre d’un cinéaste et critique dont l’influence sera déterminante : Louis Delluc. Dulac se lance alors dans le cinéma d’avant-garde. Les recherches esthétiques de Germaine Dulac prennent cependant le pas sur l’exposition du récit et le jeu des acteurs. Représentante de ce qu’on appelle parfois le cinéma « impressionniste », elle multiplie les déformations de l’image, les flous et surimpressions, les mouvements virtuoses de la caméra et les effets de montage, pour réaliser un cinéma d’art qui tienne son rang parmi les autres formes artistiques. La Fête espagnole (1919, sur un scénario de Louis Delluc), la Mort du soleil (1921), ou le Diable dans la ville (1924) demeurent des exemples accomplis de ce style esthétisant, bien que la Souriante Madame Beudet (1923), complainte d’une vie de femme étranglée par les liens du mariage, se démarque toutefois par sa critique virulente de l’institution bourgeoise.
En 1927, elle réalise la Coquille et le Clergyman, sur un scénario d’Antonin Artaud. La sortie de ce film, le 9 février 1928, au Studio des Ursulines, suscite un scandale mémorable orchestré par Artaud lui-même et ses amis surréalistes. Cette polémique entravera durablement la carrière de Dulac. Celle-ci réalise cependant encore quelques courts métrages, qu’elle définit dans ses écrits comme du « cinéma pur », de la « musique visuelle ». Il s’agit d’adaptations de poèmes de Baudelaire (l’Invitation au voyage, 1927) ou de courtes pièces musicales (Disque 927, 1928), voire de poésie scientifique (Germination d’un haricot, 1928).
Dulac ne s’étant pas adaptée pas à la révolution du parlant, elle abandonne la réalisation et devient directrice des actualités chez Pathé puis à France Actualités Gaumont jusqu’en 1940. Germaine Dulac est aussi la fondatrice de la Fédération des ciné-clubs, dont elle a été la présidente à partir de 1924.

1915 : Les Sœurs ennemies (court métrage)
1917 : Vénus victrix (court métrage)
1917 : Dans l'ouragan de la vie (Vénus victrix) (court métrage)
1917 : Géo, le mystérieux (court métrage)
1918 : La Jeune Fille la plus méritante de France (court métrage)
1918 : Âmes de fous (film à épisodes)
1919 : Le Bonheur des autres (court métrage)
1919 : La Cigarette (moyen métrage)
1920 : Malencontre (court métrage)
1920 : La Fête espagnole
1921 : La Belle Dame sans merci
1921 : La Mort du soleil
1922 : Werther (court métrage)
1923 : La Souriante Madame Beudet
1923 : Gossette (film à épisodes)
1924 : Le Diable dans la ville
1924 : Âme d'artiste
1926 : La Folie des vaillants
1927 : Le Cinéma au service de l'histoire (documentaire)
1927 : Antoinette Sabrier
1927 : L'Invitation au voyage (moyen métrage)
1928 : Thèmes et variations (court métrage)
1928 : La Princesse Mandane
1928 : La Germination d'un haricot (court métrage)
1928 : Disque 957 (court métrage)
1928 : Danses espagnoles (court métrage)
1928 : Ceux qui ne s'en font pas (court métrage)
1928 : La Coquille et le Clergyman (moyen métrage)
1929 : Étude cinégraphique sur une arabesque (court métrage)
1930 : Celles qui s'en font (court métrage illustrant deux chansons de Fréhel) avec Lilian Constantini, Georges Vallée
1934 : Je n'ai plus rien (court métrage)


La souriante Madame Beudet
1922 - 55 min
Mp4 | H.264 | 620x458 | AAC | 375 Mo
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Réalisatrice: Germaine DULAC
Scénaristes: Germaine DULAC, André OBEY
D'après la pièce de Danys AMIEL & André OBEY


Distribution:

Germaine Dermoz : Madame Beudet

Alexandre Arquillière : Monsieur Beudet

Jean d'Yd : Monsieur Labas
Madeleine Guitty : Madame Labas
Raoul Paoli : le champion de tennis



Il décris la vie d'une provinciale rongée par l'ennui et prisonnière d'un mariage bourgeois, suffocant. Le plus passionnant ici, c'est une série de séquences oniriques très élaborées ou l'on voit l'héroïne (Germaine Dermoz) fantasmer sur une autre vie, hors des limites de son existence réelle, si monotone. Grâce à des trucages et des procédés de montage audacieux, la réalisatrice se sert de l'esthétique de l'avant-garde de son époque pour opposer la puissance, la richesse et la vivacité de la vie imaginaire de Mme Beudet à l'ennui de celle qu'elle partage avec son mari (Alexandre Arquillère). Quand la mise en scène complexe de sa libération par le fantasme (la seule chose capable d'amener un sourire à son visage) est brusquement interrompue par l'apparition du mari dans ses rêveries, elle comprend qu'elle n'a d'autre choix que de le tuer. Malheureusement, après sa tentative manquée d'attenter à la vie de son époux, Mme Beudet n'aura même pas la satisfaction de savoir que celui-ci a compris les raisons de sa révolte. Au bout du compte, non seulement Germaine Dulac dénonce explicitement l'aliénation et l'oppression des femmes dans un système patriarcal, mais plus important encore, elle utilise le média relativement neuf que constitue le cinéma pour proposer aux spectateurs un point de vue féministe radical et subjectif.



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L'invitation au voyage
1927 - 40 min
Mp4 | H.264 | 624x480 | AAC | 394 Mo
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Réalisatrice: Germaine Dulac
Assistante: Marie-Anne Malleville
Auteur de l'oeuvre originale: Charles Baudelaire
Adaptation: Germaine Dulac et Irène Hillel-Erlanger


Distribution:

Emma Gynt (la femme)

Raymond Dubreuil (le marin)

Robert Mirfeuil (le fêtard)
Paul Lorbert (un marin)




Mp4 | H.264 | 624x480 | AAC | 394 Mo
http://www.multiup.org/fr/download/4c65889d4fe94e14935c52869b3c5bba/dulac27_Invitation_au_voyage.mp4



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La Coquille et le Clergyman
1928 - 44 Min
Mp4 | H.264 | 576x432 | AAC | 306 Mo
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Réalisation : Germaine Dulac
Scénario : Antonin Artaud


Distribution:

Alex Allin : le clergyman
Génica Athanasiou : la femme
Lucien Bataille : l'officier


Un homme habillé de noir, un clergyman, verse, à l'aide d'une grande coquille d'huître, un liquide noir dans des flacons qu'il brise ensuite. Une porte s'ouvre, un officier couvert de médailles apparaît, brise la coquille avec son sabre et sort. Le clergyman le suit à quatre pattes jusque dans la rue. Une calèche passe, à l'intérieur l'officier et une belle femme blonde ; le clergyman les suit dans une église. L'officier est assis dans un confessionnal, le clergyman se jette sur lui, mais l'officier est maintenant habillé en prêtre et son visage se transforme ; la femme regarde.
Des couloirs, une clé, des portes : l'officier et la femme. Le clergyman les poursuit, une porte, la cabine d'un bateau. Les mains du clergyman, l'image du cou de la femme, d'un bateau, d'un paysage phosphorescent.


Une pièce que nettoient des femmes de chambres, au milieu une énorme boule de verre, dans la boule, la tête du clergyman. Le clergyman et la femme se présentent devant un prêtre qui est l'officier. Le clergyman casse la boule de verre, il a la main sa grande coquille avec laquelle il boit un liquide sombre. La mer, un bateau, le clergyman jette à l'eau le prêtre-officier.
Le clergyman est dans un confessionnal, il se jette sur la femme blonde, veut saisir ses seins, une carapace de coquillages l'en empêche, mais il arrache cette carapace et la brandit. Des couples dansent, amoureux, dans une salle de bal, l'officier et la femme trônent au-dessus d'eux. Le clergyman se matérialise, avec dans les mains sa grande coquille. L'officier et la femme disparaissent. L'habit du clergyman s'allonge et se transforme en une sorte de chemin noir. La femme court sur un chemin, le clergyman court aussi ; ils courent séparément, presque immobiles. Un couloir, une porte, le clergyman fait signe, à côté de lui, la grosse boule de verre et dedans l'image du visage de la femme.




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Disque 957
1928 - 5 min 22

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Mp4 | H.264 | 640x478 | AAC | 53 Mo


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Thèmes et variations
1928 - 10 min

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Mp4 | H.264 | 704x478 | AAC | 82 Mo


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Étude cinégraphique sur une arabesque
1929 - 5 min

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Mp4 | H.264 | 708x476 | AAC | 92 Mo


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Celles qui s'en font
1930 - 5 min

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Mp4 | H.264 | 352x272 | AAC | 51 Mo


2 commentaires:

Monde en Question a dit...

Un IMMENSE merci pour cette rétrospective.

captpicot a dit...

Bonjour,

Je vais découvrir ces courts métrages, merci de faire partager votre passion.

grace à vous j'ai pu découvrir des anciens films que la télévision ne passe plus.