lundi 14 juillet 2014

Carle-1965-La Vie heureuse de Léopold Z

La Vie heureuse de Léopold Z
1965 - 1 hre 08





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Réalisation : Gilles Carle
Scénario : Gilles Carle
Photographie : Jean-Claude Labrecque
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Distribution:

Guy L'Écuyer : Léopold Z Tremblay
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Paul Hébert : Théophile Lemay

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Suzanne Valéry
Monique Joly

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Jacques Poulin
Gilles Latulippe : le commis banquier
Bernard Assiniwi : Bernard Lapierre
André Gagnon
Albert Millaire : le narrateur
Raymond Lemay : l'animateur de radio

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On plonge dans le catalogue de l'ONF comme on explore un livre d'histoire. Il est fascinant de saisir l'ampleur des archives audiovisuelles de l'évolution du patrimoine québécois qui se sont constituées au fil des ans par l'entremise du travail acharné de documentaristes chevronnés. Ce sont aussi des réalisateurs de fiction, dont l'oeuvre s'est efforcée d'épouser la réalité, qui ont permis de dresser ce portrait en constante évolution de notre société. La première réalisation de Gilles Carle, La vie heureuse de Léopold Z, s'inscrit parfaitement dans cette philosophie propre à l'ONF où le cinéma devient témoin vivant du réel. Ironiquement, Carle obtint le financement nécessaire à la réalisation de son film de fiction, l'un des premiers qu'ait produit l'ONF, en affirmant qu'il tournerait un documentaire sur le déneigement avec cet argent.

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Au sens local du terme, on peut qualifier le film de Carle de véritable classique. Perdu au sein d'un patrimoine filmique mondial autrement plus raffiné, certes, ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan: une curiosité ethnique représentative d'une culture particulière vaguement insignifiante aux yeux de l'étranger normalement constitué. Mais pour nous, il s'agit d'un instant d'histoire cristallisé dans un emballage attachant et accessible. Racontant les péripéties d'un D.S.C. («déneigeur» sous contrat) bon vivant de la classe moyenne québécoise perdu dans une tempête de neige à la veille de Noël, La vie heureuse de Léopold Z est l'antithèse d'une production épique. L'enjeu principal, en fin de compte, sera de ne pas arriver en retard à la messe de minuit malgré la poudreuse qui ne cesse de tomber. C'est tout dire.
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Mais en cours de route, le bienheureux Léopold Z nous en apprend beaucoup sur le Québec en mutation des années soixante. Léo n'est pas un produit de la Révolution tranquille, loin de là. Mais lui et son patron Théo, déjà, ne s'entendent pas sur une foule de sujets. Car Théo est un vestige de l'ère Duplessis: haut fonctionnaire macho et un peu malhonnête qui habite un bungalow valant deux fois le prix de la maison de Léo, il cultive une apparence raffinée mais sa vision du monde est aussi limitée que celle de Léo. Si ce n'est pas un peu plus encore. Point central du film, la conversation entre les deux personnages dans le camion de Léo établit ces deux caractères distincts dont les divergences pourtant minimales révèlent tout un monde de changement.

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C'est dans les petits détails de son film que Gilles Carle révèle son propos. Les clins d'oeil visuels et les dialogues en apparence anodins recèlent tout le contenu de cette Vie heureuse fort sympathique. En ce sens, il s'agit d'une oeuvre beaucoup plus subtile que ne le laisse croire sa surface un peu populaire et simpliste. Léo est un homme modeste et naïf. Mais contrairement à son ami, il sait distinguer un bon patin d'un mauvais. C'est le Québécois moyen de l'époque par excellence. Ce n'est pas un intellectuel et ce n'est pas un être politique. C'est un gars de hockey et de neige, d'alcool, de femmes et, malgré tout, de religion.

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En toile de fond, le métro de Montréal se construit lentement. Le Québec entre dans la modernité. On déverse encore la neige sale dans le fleuve Saint-Laurent mais le mécanisme du progrès est en marche. Carle, lui, capture cette évolution de la perspective des gens qui n'y participent pas, sans vraiment en parler. Les évènements, les gens, le décor parlent d'eux-mêmes. La vie heureuse de Léopold Z transpire son milieu de tous les pores de sa pellicule. Et, contrairement à plusieurs de ses collègues de l'ONF, Gilles Carle avait compris les vertus du montage. Concis et efficace, son premier film livre avec une grande économie de moyens tout un pan de notre histoire collective.
Par Alexandre Fontaine Rousseau

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1 commentaire:

Anonyme a dit...

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